L’insupportable désordre de l’Amour / 5 – de la naissance de l’Ida

Paris

 

D’étoiles en songes
Une rue qui glisse là et qu’on la prenne
A rebours ou dans le bon sens
Ensuite renaître pas à pas sur les pavés
Il coule ton rêve qui se glisse entre mes lèvres

C’est un risque et je veux que tu le prennes
Même si tout autour de là c’est l’en jeu et l’an fer
Rien à perdre que des mots des vies des sourires

Rendre la fuite impossible à jamais à jamais
Que du long de tes cheveux courants longs à la rivière
Tout entoure ce nous sans le faire comme une valse une histoire bleu

Eros la flèche et les ombres
L’Ida qui courre qui s’enroule autour de lui
Et l’orage qui gronde et les mots qui tombent
le silence à l’ombre laisse la place à la lumière
les éclairs sans glace nous désaltèrent

D’étoiles en songes sous la toile ou derrière
Une rue qui glisse là où tu te caches et qu’on la prenne entre nos bras
Ensuite renaitre
Pas à pas sur les pavées et entre les travées se dérouler à pleines jambes

Et j’avoue y laisser couler ton rêve et qu’il se glisse encore et encré entre mes lèvres

L’insupportable désordre de l’Amour (l’IdA) 3 –

Paroles d’Eros

J’écoute les oiseaux là bas qui ronflent bas sur la lisière
les troncs lacés bien serrés, je les regarde défiler tous à mes pieds


oui je suis juché…

eros-marc-camelbeke

 


D’un regard sauf sur cette épaule je laisse couler, je laisse les mots qui viennent, et les regards qui vont à Rome autant que des caresses revenant halte hier faire leur pause à Paris


Alors oui je suis juché…haut sur le ciel me suis couché, et l’arc et ses quelques flèches déposés…
Je ne me sens plus bien, je ne suis plus d’époque, ça tire partout mais l’amour ? où est-il passé ?

Pourtant je sais moi fils du Chaos que le désordre vient avec moi, le bien puissant désordre humain
J’en sais les mots mais ça me fait triste là, ça me fait triste quand je passe par Paris
Moi qui aimait les aubes après la musique pour y trouver deux coeurs vibrants à la même heure
je suis tombé ce matin là, à genoux, dans tout ce sang…
Quand je me dis tu penses à moi mais voilà y a jamais plus personne
Vive la rumeur des choses, et ces caresses dans tes yeux bleus
Vive la belle humeur et la Belle Epoque, et ces échos qui passent de ton coeur au sien, qui reviennent quand je les touche encore une fois et s’accélère, et s’accélère

alors je suis oui enfant du désordre, que je pose mes doigts bien au delà de la morale et j’en suis fier, car c’est bien elle la morale qui tue au nom d’elle même et tue encore aux terrasses des cafés comme dans les salles de concert.
Alors oui je suis l’enfant du désordre, et je brise parfois quelques structures, quelques mariages, quelques histoires bien antérieures
bien sûr, j’en sais les mots quand je vous touche de ma flèche d’or
Et l’abri sombre de vos lèvres sombres et plus de mots mais des silences et des peaux, des peaux qui luisent, qui s’étoilent comme d’antan dans les cieux.
Et parfois même, ce sont deux soleils que j’éveille et je les regarde trouver leurs mots, leurs éclairs échanger, et les lumières, les lumières partout briller.

l’insupportable désordre de l’Amour /1

Et donc voilà le premier texte sur cette thématique. Pas trop de désordre encore, ni d’insupportable…

 

 » sous une approche clean language » clin d’oeil à mon ami Frédéric Quié et à quelques autres amis maniant le clean avec élégance.

Le-tatouage-plume

 

Et quelle genre de caresse est cette caresse ?
C’est comme une plûme brulante… comme un torrent courrant tout au fond de moi, et cette plûme se laissant emporter…
Et c’est brûlant comme quoi ?
comme la lave qui passe sous ma peau… comme la lave qui rencontre le torrent, comme la plûme qui se consume et il ne reste que la lave toujours plus présente et brûlante…
Et où est cette lave brûlante ?
Juste sous ta main… juste sous tes doigts… juste sous la pulpe… juste sous le pouce qui se pose, sous l’index qui roule… juste sous la pression de tes doigts
Et où plus précisément ?
là…juste là…
Et qu’aimerais tu qu’il se passe maintenant ?
que jamais cela ne cesse… ou que cela recommence…
Et quel genre de recommence est ce recommence là ?
Plus fort, plus intense, plus profond, plus délicat encore si jamais c’était possible…
Cela te va si nous arrêtons là ?
non…non…
On va passer en off mon aimée… Et que jamais cela ne cesse…

Des-dits-cassés

Des Dits Cassés

 

Dédiée et peut être dédi-cassée, car il y a des heures cassées aussi, cassées en 130 morceaux et en tant d’étoiles encore vives, il y a des mots qui s’ouvrent d’espace entre teintes, éteintes et déteintes alors dédiée et là oui dédi-cassée intensément et totalement :

à l’époque qui s’agite entre molle et feule; aux musiciens qui brûlent et se percent au travers des sons et des larmes, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux étoiles et aux caractères bien trempés, bien trempés de larmes et de sang, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux langues étrangères et qui tordues parfois se laissent tomber, briser, abîmer sous le joug de croyances lourdes et explosives, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux soldats et policiers qui arpentent et sauvent, arpentent un horizon loin de frontières et des limiers qui courent au Diésel, au feu, au feu, rouge et vert et orange et bleu et caressé par les mains tendues, je m’en souviens, je m’en souviens;

aux jeunes et hauts vieux aux hardes déchirées et aux longues robes, aux cotons imprimés et aux soies riantes et rouges et passions, à tous les corps de flammes, je m’en souviens, je m’en souviens;

« Les vitres sont givrées
Pas de nature ! »

aux bougies qui se fondent dans la nuit, aux drapeaux bien drapés, aux montagnes qui sont tombées, aux plaines qui se haussent, et au fond de tes yeux, au fond de tes yeux, là où il est d’où ce feu, je m’en souviens, je m’en souviens.

Patrick Duquoc

Broken et Entier

Puzzle

 

Plié, replié,
fermé, renfermé,
mis à bas, brisé et recollé,

La raison elle s’en est allée, la raison elle s’est étalée

Plié en plein recueillement, ne sais ce que trouver, ne sais ce que chercher
gris et lumière, ombres et blancheur, et des morceaux qui se tiennent ne se lâchent plus se rejoignent se reviennent

Drôle de posture que se revenir et rejoindre comme si tomber et ne pas se relever, comme si tomber et se relever, comme si tomber et toujours pleurer, comme si tomber et encore saigner, comme si… nager était courant dans ces océans de larmes.

Prise de force, assailli, brusqué et pourtant ne tremble plus
demain soir c’est le réveil c’est le tigre en ce moment que raconter et rencontrer, c’est sa fourrure qui assure et rassure, ce sont ses dents qui seront mains, ce sont ses pattes qui diront mots.

C’est son partage entre tous ses bonds qui fera jaillir au coeur, car oui c’est de force que sera paré le coeur, de puissance dorée, de visages recueillis

Et courir, courir au devant du soleil, et demain soir…

Un café à la Belle Equipe, avec toi, elle et eux, toutes celles et ceux, tout ces corps et ces coeurs, tout ce qui touche, entre noir et blanc, entre noir ou blanc, touchant et troublant, trou blanc jaillissant

Car oui ainsi est le refus, le rejet de ce grand trou noir, au néant qu’il retourne
a jamais
parmi toutes les autres ombres
et nous laisse à la lumière.

Patrick Duquoc

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu

Je ne sais pas aller jusqu’au bout oui Blaise ce sont tes mots qui s’avancent vers les miens et c’est un mythe c’est comme à la fin du rêve vois-tu c’est un mythe comme lorsqu’elle y a enterré son puits et qu’alors tous les temps sont morts aux racines du monde du fond de mon cœur j’y avais parfois été un enfant et toi aussi peut être et toi aussi aux cheveux longs et cette longue natte brune que tu faisais danser dans le moindre de tes pas sur les pavés dorés si dans le moindre je m’y étais reposé avant que tu ne le fasses car cela ne finit pas un rêve même si pourtant c’est tout comme à la fin du rêve et que le temps est un concept qui va souvent très bien avec les belles mécaniques et toi non toi non tu n’es pas une mécanique lorsque tu es si belle

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant c’est comme à la fin du rêve vois-tu alors j’avance quand tu cours et je cours quand tu t’arrêtes et même à la fin du rêve ce n’en est jamais la fin tu es là mes yeux dans les tiens mes yeux comme un frein oui là quand tout s’arrête dans tes yeux ou dans les miens et que les larmes reviennent quand elles quittent ton cœur qu’elles reviennent à moi car rien ne se perd quand les larmes reviennent quand elles quittent ton coeur

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu j’ai les mots pour ces caresses sur ta peau j’ai les mots et ces lueurs électriques un tonnerre d’éclairs sur l’eau forte du Mékong un étonnement d’air et d’autres tambours d’une phrase éparse d’à peine les mots et où les cris d’amours se lovent oui tout autour c’est là mes yeux se voulaient des proies anciennes ces licornes chassées pour leur cœur plus que pour leur corne et tout à coup sur ton souffle j’ai senti une larme une larme d’or ou de feu celle d’Alexandrie ou de Nagasaki c’est pourtant si loin et si semblable car le ciel use des mêmes nuages des mêmes courants aériens et parfois même le sang qui y coule a la même couleur et la même odeur celle du fer qui rouille aux regrets des mécaniques célestes alors j’y ai traîné mes pas là bas sous le sable car j’avais vu tes seins se dresser hauts dans le désert alors je courais sur les sables tambours j’avais le sang le rythme dans l’appeau à cet instant à ce chant tortueux ou torride car j’avais le cœur en chasse dans cet horizon carné comme aux temps sombres des ordres noirs j’avais le cœur en chasse et je courrais vers tes seins j’avais le cœur en chasse et où était ce je tapis que la caverne d’Ali Baba puisse apparaître au coin d’une dune mais c’est madame la fée qui maquille les sables quand je cours c’est madame la fée qui maquille les larmes quand je me pause qui trempe le sol pour le faire durcir quand je n’ai plus de souffle et laisse traîner partout de grands panneaux où le mot « Attention » est écrit en douze langues pourtant aucune que je ne puisse comprendre mais je le sais avant oui avant tout je le sais surtout quand le sable tremble

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu c’est dans l’attente que j’ai l’attention et je te l’apporte en courant en courant pour te faire arrêter pour que tes yeux et mes yeux nous fassent le grand STOP et finir au galop oui finir même si c’est jamais la fin pourtant ça recommence sans arrêt et c’est pour cela que je cours pour que tu t’arrêtes et j’ai les larmes qui peinent qui coulent qui arrivent avant la fin même si c’est jamais la fin et que tout commence et recommence

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu oui c’est là Coventry quand les bombes sont tombées quand le silence forcé à fait tant de morts pour sauver le secret pour sauver le secret tout se meurt dans la nuit même si ça ne meurt jamais d’ailleurs ou d’ici et que ce ne sont jamais que des mots et c’est quoi dis moi ce « jamais que des mots » combien ça en comporte combien il en faut pour taire le secret pour qu’il vive dans ce torrent de feu souterrain

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu un jour prochain sera la trêve et même là ça me rappelle mes seize ans sur la place des étoiles à Baïkonour avant que ce rêve ne deviennes un satellite de rouages et de rouille et j’avais si soif alors que la neige prenait vie elle rampait vers moi sans forme ni souvenir mais avec tant d’espoir et de promesses et là Carl qui tirait sur le Don en me criant que j’étais un si mauvais poète oui il le disait en tirant sur le Don et ça me faisait mal moi qui n’ai que cela en moi même si cela ne finit pas un rêve là pourtant c’était comme la fin du rêve du mien ou du tien avant qu’on se rencontre il existait encore ce rêve sans fin qui sans fin se nourrit de mes souvenirs des temps oui des temps où se calfeutrer se cacher nourrissaient nos âmes qui déferlaient dans la mer d’Azov dans ce tonneau sans fond des danaïdes autre époque autre errance autre béance qui se faufile dans les abysses et les doutes

 Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu je me méfie des détails qui se tirent de ces canons lourds de papier je me défie des détails et là tu défailles tu te retournes tu dérailles dans un nuage de tempête qui s’envisage dans le cœur de personne là où le son passe comme tu le sais c’est par qui le son passe et là au coeur du givre ce ne sont plus que ruines sur le transsibérien ou peut être veux tu m’entendre rire et dire Транссибирская магистраль quand dans l’Orient tu t’expresses à me fuir tu t’empresses je m’expresse et voilà ça fuit c’est çà l’amour quand le vent de nuit s’engouffre dans ses tuyaux mais dis moi dans quel sens ça fuit ça rentre ou ça sort ça entre dans le décor ou ça s’étage sur la fusée Saturne avant les bruits du lancement même même oui si je les cache ces mots au travers d’autres car voilà quand il faut dire le secret tout doit rester en code tout doit devenir chiffre et se nicher ailleurs un qui part au sommet de la tête deux qui se referme sur les mains trois qui tombe entre les jambes et j’ai peur j’ai peur je ne sais pas aller jusqu’au bout et ces autres chiffres je ne peux les dire je ne peux rien en raconter car le trait trace le calame et c’est dans les trous que les chiffres tombent perdus à jamais

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu comme à la fin et que ça commence tout de même parce que le rêve c’est en moi ou c’est en toi et que le commencement c’est en toi comme en moi et pourtant je suis triste quand enfant du haut de mes quatre ans j’ai dénudé le fil de la lampe avant de le plonger dans la prise électrique à pleine mains et là tu vois d’où ça vient l’électricité sur ta peau quand je la touche c’est du rêve qui ne sait pas qu’il est sans fin car oui

Même si cela ne finit pas un rêve pourtant là c’est comme la fin du rêve vois-tu…